Un Cent Dix

Puis-je enfin raconter de quel bois je me chauffe

Chênes blêmes attisés à grand coups de sizains
Sur un vélin râpé carbonise un fusain
Lors des grandes flambées j’évite le bouleau
De débiter en bûches les stances et les rondeaux

Heurte le châtaignier et fais feu de tout bois
Tire les vers de l’âtre crépitant en hautbois
Conjure sortilèges d’un charme se défendre
Allume des sonnets et farfouille les cendres
Pour retrouver l’idée en fagotin liée
Et romps l’ignoble rime que je ne peuplier

Inspiration fumeuse arome de sapin
Expiration houleuse de noyer lamantin
Comme un hêtre égaré en sciure poétique
Etincelles de teck et de cèdre lyrique

J’incendie parnassien avant que l’on me frêne
Sous triolets d’érable je consume ma peine
A l’orée du matin s’écarlatent les braises
Ma prose baobab en rougit de foutaise
Restent quelques flammèches de bois d’épicéa
Et pi-cé-tout

Eve de Laudec
25 février 2011

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