Février 2014

Lorsque, pour notre vase de février, j’ai proposé à Marianne Desrozier d’écrire sur la fin, elle m’a répondu : La faim. La fin de la faim ? Avoir faim de fin ? Chacune son homonyme? Ou les mêler ? Ne restez pas sur votre faim ! Je vous invite à déguster le texte de Marianne sur http://evedelaudec.fr/ecriture/?page_id=519

Vous pourrez découvrir ma fin sur son site http://mariannedesroziers.blogspot.fr/search/label/Vases%20communicants

L’affamée et la sans faim

J’ai faim. J’ai faim. J’ai faim.

Elle répétait ces trois mots en boucle depuis qu’elle avait vu cette femme, toute vêtue de blanc approcher d’elle. Cela faisait des jours qu’elle n’avait rien mangé, hormis une orange pourrie trouvée dans une poubelle. Son estomac réclamait. Elle tendait la main aux passants depuis l’aube mais personne ne lui avait rien donné. Le soir tombait maintenant. Elle n’y croyait plus quand elle apparut. Elle la prit pour un ange venu pour la sauver. Elle allait lui venir en aide. Lui donner à manger.

Elle n’avait plus envie de rien. Cela durait depuis longtemps déjà. Il n’y avait pas eu de traumatisme, de drame, d’évènement déclencheur. Elle avait perdu l’appétit de vivre, peu à peu, insidieusement. Comme une maladie incurable qui envahirait tout l’organisme. Elle était devenue insensible à elle même et, pire que tout, insensible aux autres. Elle n’avait pas besoin de se vêtir de blanc pour ressembler à un fantôme.

Elle attendit longtemps un geste, une parole, une pièce, un morceau de pain. Mais rien ne vint.

Elle la vit à peine. Elle ne pouvait plus voir. Les autres lui étaient indifférents. Des ombres errantes sans consistance.

L’affamée et la sans faim. Deux femmes perdues.

Marianne Desroziers

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1 Commentaire

  1. admin (Auteur de l'article)

    09.02.2014 02:24 Eve de Laudec
    Le texte est maintenant disponible sur le blog de Marianne. Pour les commentaires, mon texte sera aussi dispo dans mes apartés fin février, pour les affamés ;)

    07.02.2014 17:57 François le Niçois
    Cela se passe dans une rue sans fin et sûrement malfamée. Mille regrets de n’avoir pu commenter le texte d’Eve de Laudec sur le blog de Marianne Desrozier

    07.02.2014 10:38 brigitte celerier
    oui da, mais je reste sur ma faim de votre faim ou fin

    Répondre

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