De l’importance des Prés Liminaires non laminés.

 

Qu’à ce refrain ne nous ramè-è-ne
Mais où sont les très bons amants (bis)

Cheminant dans la campagne de la vie, se frayant un chemin entre les arbres du désir, arpentant les sens tiés du plaisir, elle réfléchissait.
Oui, c’est une action qui ne lui est pas habituelle, de réfléchir, elle, la blonde du service trois pièces, la Marie assise couchée debout, mais tout en évitant les écueils des éveils sexuels dans la fange des mares, en franchissant allègrement les rivières du tendre par des ponts interdits, elle faisait le point. Non pas le point de bâti, ni de croix, non elle ne faisait pas des lignes de i, ni le point U, non elle ne se prenait pas cinq colonnes à la Une, non.
Elle pensait simplement au point G. Son point G. Qui savait vraiment comment il était, et où ? Qui savait vraiment en prendre soin ? En oindre point ? En poindre sein ?

Qu’à ce refrain ne nous ramè-è-ne
Mais où sont les très bons amants (bis)

L’homme dans sa splendeur brute est un guerrier. Il attaque donc fer de lance en avant.
Lui dit-on qu’arriver caché dans un cheval troyen ménage l’effet de surprise et s’en trouve donc plus efficace, il comprendra que vous désirez copuler dans sa voiture ! Non ! Vous le vouliez simplement tournant autour du pot de confiture et en léchant les bords comme par inadvertance, mine de rien, avec un air de raminagrobis gourmand !

Qu’à ce refrain ne nous ramè-è-ne
Mais où sont les très bons amants (bis)

Que n’a-t-il encore compris, ce bel étalon, que sa longueur n’est pas l’égale de son efficacité ?
Il gonfle ses biceps « regarde ma force », il exhibe ses tablettes chocolatées 20% de mg « tu as vu la chance que tu as de m’avoir », mais sa gonflette ne sert que si elle dur(e) !
Et que dire de celui qui SAIT ce qu’aiment les femmes (ah oui, on doit être toutes pareilles) et qui vous ramone le conduit de l’oreille pendant une heure avec sa langue ? » Hummm, c’est bon, hein, tu aimes ça » ben non, on n’aime pas, on préfère les coton-tiges ! Devenir une oreille immense gisant au fond d’un lit, non, l’oreille c’est pas le pied !!

Qu’à ce refrain ne nous ramè-è-ne
Mais où sont les très bons amants (bis)

Autre spécimen, le spécialiste du seinliminaire : accrochez-vous au sommier les filles, il confond vos petits framboises si délicates et sensibles avec de la pâte à modeler, du chewing-gum, ou s’imagine dans une ferme à l’heure de la traite ! Une bonne laitière, vain diou ! Vous avez dit sensualité ?

Qu’à ce refrain ne nous ramè-è-ne
Mais où sont les très bons amants (bis)

Mais Le voici enfin Lui, Le Professionnel de l’amour, The Technic’s Lover qui va vous expliquer qu’il faut prendre son temps…Alors qu’il s’évertue sur votre petit bouton, éteint (éteint ? pourtant vous aviez un sacré désir) qu’il est sur (il sait !) d’avoir détecté votre fameux point G, qu’il s’y accroche comme une sangsue et clic et reclic sans réussir à changer de page, vous ne prenez pas votre mâle en patience et une envie folle de prendre un bouquin ! Oui, il a calculé que 3cm par rapport au mont de vénus, en aval de la grande bouche, mais 2 cm au-dessus de l’envers du décor, et, si tu veux prends une règle, « cette femme est surement mal foutue, elle ne réagit pas, moi qui connais les femmes, je pince, et je tire, et je tords, et je frotte, et je mouille, et j’ai une putain de crampe au doigt, et j’ai la bouche en feu, mais il est passé où ce con ? «
au bout d’une heure de ce régime, (une heure ? là, je suis généreuse !) la femme fait semblant et crie ! Messieurs, ne vous leurrez pas, elle a crié de douleur !

Qu’à ce refrain ne nous ramè-è-ne
Mais où sont les très bons amants (bis)

Alors Superbèze arrive sur son cheval blanc (mais pas trois), il se jette de sa monture et remonte en selle aussi sec ! Aïe…sec…
Arrêt sur image. Je me rappelle une chansonnette de mon enfance
« à cheval sur mon bidet,
Quand il trotte il fait des pets,
Prout prout prout cadet… »
Cadet. De Gascogne. De castagne ! Et le voilà reparti pour la chevauchée sauvage, la cavalcade scandée, le trot blindé, le pilonnage du navire au canon, le ho-hisse, le marteau-piqueur, la charge de la brigade pas légère, le ramonage à l’ancienne avec brosse, écouvillon, hérisson, canne et fibroflex, le burin, le perforateur, oui Monsieur, vous êtes bien au rayon bricolage !
Ah ! Vous cherchez le rayon jardinage ? On vous a conseillé un livre pour emmener votre cheval aux prés liminaires ? Deuxième rayon sur votre gauche !

Messieurs ! Lisez si vous ne sentez rien ! Nous ne sommes pas des juments ! Il y a d’autres allures que le pas le trot et le galop ! Le concours hippique avec saut d’obstacle quand vous vous arrachez brusquement ne montre que votre désir de compétition !

Apprenez les mots doux, les gestes tendres, câlinez le temps, sachez comprendre à quart de mots, à tressaillement, à mi-soupir, sachez toucher délicatesse, écoutez-les et non pas vous, sachez saisir le court instant quand c’est maintenant ou pas l’ moment, sachez vibrer en unisson, sachez aimer en vibration, sachez, chassez le galop et gardez le naturel, Sacha ne séchez pas, ne cessez pas, c’est ça, c’est ça, ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh….

Eve de Laudec
29 octobre 2010

2,057 vues au total, 1 vues ce jour

1 Commentaire

  1. admin (Auteur de l'article)

    23.05.2012 05:35 Dominique Arnaud
    Joli texte quasi didactique mais avec humour ce qui ne gâte rien, ne manquent plus que les travaux pratiques…

    22.05.2012 22:02 Mitch
    j’adore

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>